4月26日
L'art dans sa pureté naissante
Le champ plastique à Agadir peut se targuer d’avoir enfanté un artiste d’une aussi rare ingéniosité et d’un aussi fracassant talent tel que Mustapha Belkadi, alias Belka. Un artiste que seules ses productions artistiques, d’une limpidité et d’un raffinement épatants, peuvent abriter tout un univers singulier et jaillissant. Durant toute une carrière imbue de talent et de génie, Belka ne cesse de procréer une panoplie de chef d’œuvres dignes des grands artistes à la fois parlants et poignants.
Sa récente rétrospective qu’il est en train de propulser, une fois n’est pas coutume, au Musée municipal d’Agadir, fait étalage d’un coup de pinceau vibrant, hargneux et provocateur. Le brassage savamment tissé en termes de couleurs et de mouvements fait surgir un profond savoir faire de l’esthétique mais pareillement une forte obsession de faire naître chez le récepteur des tons de frémissement et de compassion, vis-à-vis des personnages évoqués, tous issus du «petit » peuple. Belka, de tout temps et au fil des ans, reste fidèle à son style profondément humain, humaniste et humanisant. Sans jamais tomber dans la redondance ni verser dans les médiocrités, il s’attache ardemment à l’innovation dans l’authenticité, avec application, métier et résonance jusqu’au moindre détail, sa prestation s’approprie comme cadre essentiel et central le personnage mais sans nullement omettre les objets et les effets.
Le choix des réverbérations, des maillages et des ondulations n’est jamais fortuit même si parfois le farfelu et le burlesque peuvent avoir des hallucinations souvent trompeuses dans les yeux et les cœurs de l’assistance, Belka sait bien se jouer des réflexions et affections pour émettre et dégager, d’une manière à la fois sous jacente et révélatrice, son côtoiement certain et son imprégnation sans bavure dans la cause humaine qui le bouscule, le harcèle et le foudroie par ses coups de magie, de don et d’ensorcellement Belka est, de ce fait, faiseur des prodiges purs et impérissables.
Saoudi El Amalki (Al Bayane du 25/07/06)
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